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Les transformations de la place Denfert Rochereau

Samedi 25 avril (14h30) : une visite avec Alexandre Chemetoff

UNE GRANDE PLACE PARISIENNE, UNE PLACE COMPOSÉE, UNE PLACE-JARDIN, UNE PLACE-PAYSAGE, UNE PLACE APAISÉE, UNE PLACE VIVANTE : UNE PLACE !

Place Denfert Rochereau

Le projet répond aux grands enjeux du programme, faire de la place un lieu de vie, prendre en compte les enjeux patrimoniaux, accentuer la végétalisation de la place et valoriser le patrimoine arboré existant, conserver l’attractivité du pôle de transports, intégrer les contraintes de gestion des eaux pluviales et d’arrosage. Il prend en compte les propositions issues de l’analyse des trois scenarii : pouvoir se tenir au pied du Lion, agrandir et relier entre eux les espaces piétonniers et plantés, limiter les espaces dédiés à la seule circulation automobile, mettre en valeur la convergence des boulevards et des avenues rayonnants, établir une géométrie stable et pérenne à partir de l’existant.

Cette visite aura lieu le 25 avril à 14h30 : Rendez-vous sortie du métro Saint-Jacques.
IMPORTANT : celles et ceux qui peuvent : apporter le gilet fluorescent chantier/travaux.
Pour tous : avoir des chaussures adaptées au chantier.


VISITE ORGANISÉE EN ASSOCIATION AVEC « LES ARCHITECTES DU PATRIMOINE »
INSCRIPTION OBLIGATOIRE. NOMBRE DE PLACES TRÈS LIMITE.

Envoyer un mail pour s’inscrire : avenirpatrimoine18@gmail.com


Les transformations de la place Denfert Rochereau

Le projet comme dialogue.
Le projet est fondé sur l’existant, « les existants » devrait-on dire, puisque la place Denfert-Rochereau est le résultat de plusieurs périodes successives qui ont façonné son visage. Le projet a pour ambition de revisiter la place existante pour l’adapter aux usages d’aujourd’hui. Améliorer et transformer l’état des lieux pour faire d’un carrefour, une place composée, une place-jardin, une place-paysage, une place vivante, une place ! L’aménagement de la place est pensé comme une transformation, ceci vaut autant pour la composition d’ensemble mais aussi pour le nivellement, le vocabulaire des sols minéraux, et les plantations. Le dessin de la place conçu et mis en œuvre comme un dialogue, dialogue avec le site, dialogue avec le contexte, dialogue avec les acteurs du projet.

Une grande Place Parisienne.
Le Lion symbolise une place dont personne cependant ne parvient véritablement à saisir le caractère d’ensemble. Un carrefour circulatoire, de larges chaussées, une collection de squares, des trottoirs, une gare de RER, deux pavillons de Ledoux, un musée de la Libération, une entrée des catacombes, une bouche de métro et d’autres, des arrêts d’autobus, des cafés et des restaurants, des commerces, des immeubles d’habitations de différentes époques, des grands arbres, des statues… la place est un inventaire. Par sa taille, plus de quatre hectares, par sa position dans la géographie de la ville, à la croisée des chemins, par son histoire, barrière d’Enfer puis place Denfert Rochereau, par sa notoriété, tout le monde la connaît ou en a entendu parler. Par ses usages, il s’y passe toujours quelque chose. Lieu majeur du quatorzième arrondissement, la place Denfert Rochereau est, tout d’abord, une grande place parisienne. Son aménagement accueille non seulement les usages et fonctions de proximité, mais aussi ceux liés à sa position de premier plan dans la capitale.

Une Place Composée.
L’aménagement de la place est conçu comme un dialogue. Dialogue avec les héritages de l’histoire, dialogue avec l’existant, dialogue avec les acteurs du projet, les élus et les habitants. Plusieurs scénarii avaient été envisagés lors des consultations préalables au lancement de la présente phase opérationnelle. Le projet propose une synthèse des différentes hypothèses, intégrant la réunion des trois squares autour d’un centre apaisé, tout en raccrochant à l’Ouest comme à l’Est les squares et les terre-pleins et en transformant les trottoirs en promenades plantées. Le nouveau plan de la place reprend les tracés qui furent à l’origine de son dessin. Au Sud, à l’Est et à l’Ouest, les trois côtés d’un quadrilatère régulier inscrivent la place dans un cadre reprenant les alignements des boulevards qui accompagnaient l’enceinte des Fermiers Généraux. Au centre, un disque de pierre redessine autour du Lion le cercle de l’ancien rond-point et entre les deux pavillons de Ledoux, un tapis de pierre réunit les deux édifices marquant l’emprise de l’ancien octroi. Au Nord une chaussée, reprenant les emprises des voiries existantes, redessine une figure rayonnante qui distribue les grands axes qui convergent vers le Lion. Entre le square Ledoux et le square Jacques Antoine une pelouse accessible remplace l’ancienne chaussée. La Place Denfert-Rochereau gagne ainsi, grâce à sa composition, une image, qui lui fait aujourd’hui défaut. Pour que Paris soit, pour que la place réaménagée contribue à la beauté de la ville, le projet compose à partir de tous les héritages, en revisitant les lieux pour les rendre plus naturels et tels qu’en eux-mêmes, il intègre à un dessin d’ensemble les différents usages et fonctions que la place nouvelle accueille.

Une Place paysage.
La Place Denfert-Rochereau est aussi un site et une situation géographique, un point haut, qui s’ouvre vers des horizons-paysage dans la perspective des avenues et des boulevards qui rayonnent à partir de son centre. L’aménagement du disque piéton au pied du Lion de Belfort magnifie cette situation d’exception. Le disque, est une nouvelle place au cœur de la place, où l’on peut se donner rendez-vous et se tenir, contemplant à la fois le monument et le panorama de la ville. On peut voir par exemple, dans l’axe du boulevard Raspail la haute silhouette du tribunal judiciaire de Paris aux Batignolles, cette perspective inscrivant la place dans la géographie de la capitale. La place s’inscrit au cœur d’un système de parcs, depuis le parc de la Cité Universitaire, le parc Montsouris, jusqu’au jardin du Luxembourg en passant par le jardin de l’Observatoire et le cimetière du Montparnasse, composant une traversée de la rive gauche, de jardins en jardins, en passant par des promenades plantées, depuis la limite Sud de la ville, jusqu’à la place Saint-Sulpice en direction de la Seine. Chemin faisant on passe ainsi du parc de la Cité Universitaire au jardin du Luxembourg en franchissant seulement sept chaussées sur une distance de quatre kilomètres. La traversée, depuis le terre-plein de l’avenue Coty jusqu’à la contre-allée de l’avenue Denfert-Rochereau, rendue plus directe et plus confortable, inscrit la place elle-même, comme un maillon essentiel de cette grande promenade.

Une Place-jardin.
Dans la typologie des places parisiennes elle se distingue des autres par son caractère végétal, à la fois arboretum et collection de jardins différents. 368 arbres d’essences variées poussent sur la place, pourtant on peut ne pas les voir tant le caractère circulatoire du lieu est prégnant. Les surfaces végétalisées en pleine terre sont augmentées de 2 550 m2 complémentaires. Et l’on ne compte pas moins de 116 sujets nouvellement plantés. Mais au-delà de l’emprise des squares, l’ensemble de la place est transformé pour devenir une place-jardin. Les sols sur lesquels on va à pied sont constitués de dallages et de pavés posés sur sable et l’herbe pousse dans les joints de ces sols modulaires en granit. Certains trottoirs et les allées des squares et des jardins sont en stabilisé fertile. Les arbres, les arbustes, les plantes vivaces, les couvre-sols existants et nouveaux sont étiquetés et des plaques signalétiques donnent des informations sur les végétaux. La place-jardin est un lieu d’observation de la nature. Un lieu avec ses propres dynamiques naturelles et vivantes. Désormais on voit les arbres et les plantations, la place-jardin est une respiration dans la ville.

Une Place apaisée.
Aujourd’hui carrefour dédié à la circulation automobile, la place est apaisée et les différents modes de déplacements y sont mieux répartis. Ceux qui vont à pied, les enfants, les animaux de compagnie, les usagers des transports en commun, sont les premiers bénéficiaires de ce nouveau partage. Les surfaces dédiées aux piétons augmentent de près de 4400 m2. Celles occupées par les chaussées diminuent de plus d’un hectare. Les emprises square de l’Abbé Migne et Georges Lamarque augmentent, un nouveau square est créé sur le terre-plein Saint-Jacques. Sur la place la nature retrouve ses droits.
Le centre de la place constituée par le disque du Lion et le tapis de pierre entre les deux pavillons Ledoux est dédiée aux piétons. L’autobus numéro 38, les vélos, les véhicules prioritaires de la Préfecture de police y sont seuls admis. Partout où marchent les piétons les sols sont en pierre aux joints le plus souvent enherbés. Les surfaces circulées sont revêtues de tapis d’enrobé silencieux et confortables. Un couloir réservé aux autobus et aux taxis, aujourd’hui inexistant, longe les trottoirs extérieurs, permettant une meilleure répartition des arrêts et des aubettes. Les espaces réservés aux cycles sont considérablement augmentés, une piste cyclable bidirectionnelle au Nord et une piste monodirectionnelle au Sud, constituent un réseau relié aux axes existants assurant une continuité des parcours sécurisés. Les véhicules automobiles contournent la place sur deux voies en anneau. Sur la place Denfert-Rochereau chacun trouve sa place, mais personne ne prend la place des autres.

Une Place vivante.
Les usages existants, comme les nouvelles pratiques de la ville, trouvent leur place sur la place. À Denfert-Rochereau, il y a une place pour chacun. Une place pour les piétons, une place pour les cyclistes, une place pour ceux qui empruntent les autobus et les taxis, une place pour les 80000 employés alentour, une place pour les enfants petits et grands et leurs parents, une place pour les chiens, celles et ceux qui les accompagnent. Dans le square Georges Lamarque un mobilier décline sur un mode nouveau le catalogue des bancs traditionnels des parcs et jardins de Paris, le banc gondole et le banc rustique. Les jeux d’enfants renouent avec un imaginaire ludique sortant des catalogues dans lesquels ils étaient enfermés. Le square aménagé sur le terre-plein du boulevard Saint-Jacques accueille les chiens dans un enclos naturaliste qui préserve leurs ébats et protège les riverains. Les usagers des vélos trouvent à proximité de la gare des anneaux en quantité et une station confortable de vélib’. Des abris pour ceux qui montent et descendent des autobus sont repositionnés et répartis le long des trottoirs. Les deux kiosques à journaux sont réimplantés. Dans le square Jacques Antoine, ouvert à tous, un kiosque est aménagé en buvette pour accueillir ceux qui cherchent une terrasse agréable à l’ombre des frondaisons des arbres. Des bancs ville de Paris dessinés par Gabriel Davioud, sont disposés le long des trottoirs aménagés en promenade et l’éclairage routier existant est remplacé par des lanternes qui éclairent avec discernement les sols où marchent les piétons et ceux où circulent les véhicules. Un banc de pierre circulaire protège le disque du Lion, le centre de la place devient un lieu vivant où l’on se retrouve et où l’on se tient. La place est un espace public en ville, un lieu de rencontres et d’échanges, un lieu où la nature retrouve ses droits et sa place en ville.

Maitrise d’œuvre Co-traitant(s) : Alexandre Chemetoff & associés, Pierre-Yves Caillault ACMH, G8, Ingérop,
Ville Ouverte, Althing.

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